Voici les intervenants qui ont participé à l'événement. Cliquez sur chaque conférenciers pour en savoir plus :

Abou Bakry Kébé

Quels enjeux sociaux de la vulgarisation en contexte plurilingue?
Les conditions de vie actuelle imposent un grand nombre de connaissances scientifiques et techniques qui n'ont rien à voir avec les savoirs acquis par l'expérience dans le passé. Face à la technicisation croissante, une adaptation devient indispensable. Entre des outils de plus en plus sophistiqués, servant d'intermédiaires entre les produits et les sujets, et entre les sujets eux-mêmes, l'homme doit posséder quelques connaissances théoriques s'il veut garder la maîtrise de son matériel de production. C’est dire que la maîtrise de la terminologie et des lexiques spécialisés constitue un enjeu social et économique admis de tous, l’Etat Sénégalais y compris. Or si nous admettons que toute réflexion sur la vulgarisation pose la responsabilité sur le choix de la langue, on peut tout aussi rappeler qu’il s’agit d’une question fondamentale qui interroge l’ensemble de nos conceptions du rapport entre science, société et développement. L’arrière-plan théorique d’une telle réflexion est l’étude des actions de politique linguistique, de leur mise en œuvre et de leurs effets sur la langue et parallèlement l’observation (la prise en compte) des différents aspects sociaux de la langue. En nous inscrivant dans une perspective socioterminologique, nous chercherons à montrer qu’une politique terminologique efficiente doit prendre en considération la vulgarisation. Nous analyserons ainsi les données terminologiques issues d’ouvrages de vulgarisation et recueillis auprès de certains acteurs sociaux.  Les résultats de notre recherche peuvent contribuer à une meilleure prise en compte des questions liées à la vulgarisation de la terminologie dans certains domaines.

Abou Bakry est docteur en Sciences du langage. Il enseigne la linguistique générale et la sociolinguistique à l’université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal). Il est membre du laboratoire RSD ‒ Recherches Didactiques et Sociolinguistiques ‒ UGB et membre associé au DySoLa ‒ Dynamiques Langagières et Sociales ‒ de l’Université de Rouen.

 

Adjaratou O. Sall

La place et le rôle des langues nationales dans l’émergence des applications et des start up au Sénégal
Ces dernières années ont vu une variété de nouveaux acteurs faire leur entrée dans les activités économiques du Sénégal. L’émergence des start-up et des applications, qui sont créées, sont entrain  de bousculer complètement les règles du jeu établies depuis des décennies  et apportent des solutions nouvelles dans plusieurs domaines (santé, environnement, information, agriculture, etc.) avec de  jeunes développeurs créatifs et débordants de ressources. Au Sénégal, la particularité de plusieurs de ses applications est qu’elles font appel aux langues nationales, devenant ainsi plus accessibles, facilitant la vie des sénégalais, et  améliorent leur condition de vie. 
Dans cette présentation, nous allons voir les langues utilisées comme vecteur de transmission et la pertinence de choix de ces langues. Nous allons également analyser leurs fonctions et utilités dans la vie des populations et les défis à relever pour une meilleure appropriation de ces outils de communication et pour un meilleur développement économique.

Adjaratou a travaillé sur le wolof et le bedik, langues parlées au Sénégal. Elle est également intéressée par la didactique des langues.

 

Ahmat Hessana

L’arabe du bassin du lac Tchad : entre coexistence conflictuelle, intégration sous-régionale, et marginalisation
Les variétés dialectales de l’arabe du lac Tchad forment une langue véhiculaire dont les usagers entretiennent de rapports conflictuels de coexistence avec ceux des autres parlers tels le fulfuldé et le haoussa. Etiquetée comme langue « choa » par ses détracteurs, l’arabe du bassin tchadien est devenue un facteur pour la maîtrise du Coran, un moteur pour la concorde intercommunautaire et un instrument pour les transactions économiques sous-régionales. Vu l’intérêt qu’ils suscitent de plus en plus auprès d’autres usagers, ces dialectes arabes ont fini par se tailler une place dans un milieu « choaphobe ». Mais, les Etats l’ont délaissée au profit de l’arabe littéraire.

La recherche de Ahmat Hessana est focalisée sur la conflictualité inter-et intracommunautaire dans le bassin du lac Tchad, en relation avec le foncier, la langue, la culture et l’Islam. Il est camerounais et historien de formation.

Akemi Yonemura

Résultats récemment publiés du Rapport mondial de suivi sur l'éducation de l'UNESCO: Comment apprendre, quand on ne comprend pas ?
Cet exposé présentera les résultats de la dernière étude du Rapport mondial de suivi sur l'éducation (GEM - Global Education Monitoring) sur l’importance d’enseigner la langue maternelle dans les écoles. L'étude souligne les défis liés au recensement du pourcentage d’enfants n’ayant pas accès à l’éducation dans la langue parlée à la maison ou dans leur langue maternelle. Elle propose également différentes méthodologies qui permettent d’estimer le nombre d’enfants et de jeunes qui ne reçoivent pas de cours dans une langue qu’ils comprennent. Par ailleurs, elle a mis en exergue l’impact que ce phénomène peut avoir sur les résultats d’apprentissage d’une manière générale, mais aussi la mesure dans laquelle les lacunes linguistiques sont aggravées par les autres problèmes socio-économiques dont la pauvreté, les questions de genre et d'appartenance ethnique.. En analysant les zones où les politiques d'enseignement des langues sont les plus obsolètes, l'étude présente également des recommandations concrètes de pratiques pour éviter que la qualité de l’enseignement (et donc de l’ensemble du programme ODD) ne soit entravée par les barrières linguistiques.

Akemi est spécialiste du programme d'éducation de l'UNESCO et travaille actuellement pour le bureau régional de Dakar où elle est responsable du programme Apprendre à vivre ensemble. En 2005, elle a organisé un atelier sur l'éducation multilingue en Inde avec un accent particulier sur l'éducation tribale en partenariat avec l'UNICEF, le NCERT, le CIIL et le SIL.

Le Rapport mondial de suivi de l'éducation (le rapport GEM, anciennement connu sous le nom de Rapport mondial de suivi sur l'éducation pour tous) est un rapport annuel indépendant de l'édition, faisant autorité et fondé sur des données probantes, publié par l'UNESCO. Son mandat est de suivre les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs en matière d'éducation dans le nouveau cadre des objectifs de développement durable (ODD).

Alexandra Esimaje et Olarotimi Ogungbemi

Langue vernaculaire, idéologie et identité dans la musique hip-hop nigériane.
Depuis le début des années 2000, le hip-hop nigérian a progressivement acquis une reconnaissance scolaire en raison de son rôle dans l’établissement de l’idéologie de l’identité et de la formulation dans des contextes sociaux variés. Une attention particulière est accordée à la façon dont le langage artistique, y compris le hip-hop nigérian, inclut ou exclut les membres de la communauté et construit l'identité chez les artistes. Cette étude explore l’utilisation des vernaculaires par les artistes du hip-hop nigérian pour formuler les idéologies et créer des sous-identités. La recherche révèle que l'utilisation des vernaculaires sert de force unitaire à la population diverse du Nigéria, car elle comprend les groupes minoritaires et construit leur identité.

Alexandra est professeure agrégée d’anglais et directrice générale du Centre de recherche linguistique et de compétence anglaise, Benin City, Nigéria.

Olarotimi est maître de conférences associé à la General Studies Programme Unit de l'Université d'Ibadan. Il mène des recherches sur les questions sociales et linguistiques depuis cinq ans.

Suivez Olarotimi sur Twitter @DanOgungbemi

Alexis Lefranc

L’alphabétisation numérique : comment la langue permet-elle l’accès et l’identité en ligne aux jeunes sous pression
LASER est un projet de deux ans financé par l’UE, qui vise à développer les compétences linguistiques, scolaires et numériques de réfugiés syriens en Jordanie. 
L’apprentissage en ligne a une valeur considérable pour les réfugiés. Il permet l’accès à l’éducation à distance et à la communication internationale. Il développe également des compétences essentielles pour le réseautage en ligne et l’économie du savoir.
Les obstacles sont cependant conséquents. Les compétences informatiques des réfugiés sont limitées, ainsi que leur connaissance des enjeux de sécurité en ligne. Ils n’ont pas toujours la pratique, les schémas mentaux et l’expérience du multiculturalisme requis pour évoluer en ligne.
Cet atelier demandera des participants qu’ils s’interrogent sur les barrières à la participation numérique pour les populations vulnérables, et sur les solutions envisageables. Il se concentre sur les enjeux de culture numérique, de sécurité, et d’accès aux réseaux sociaux.

Alexis travaille dans le domaine de l’éducation anglophone depuis 2005, ayant exercé en Russie, Chine, au Mexique, et Moyen-Orient. Diplômé en relations internationales, il poursuit actuellement un cursus de développement durable avec SOAS (en ligne).

Suivez Alexis sur Twitter @AlexisEPL

Angela Crack

Langue, ONG, et inclusion : Les points de vue des donateurs
L’écoute des communautés est valorisée par le Ministère du Développement International du Royaume-Uni (DFID) pour contribuer à l'autonomisation des bénéficiaires et à l'efficacité du programme. Les ONGs recevant des fonds du DFID devraient démontrer que leurs programmes intègrent un engagement significatif et réciproque des communautés. Cet article est basé sur des entretiens avec des représentants du DFID pour évaluer leur point de vue sur la façon dont les ONGs devraient s’engager avec les langues locales et le rôle des traducteurs/interprètes. Il explore leur compréhension de la façon dont les langues et les connaissances culturelles façonnent les relations avec les communautés. Il conclut avec une réflexion sur l'importance du soutien linguistique dans la promotion de sociétés inclusives.

Angela est titulaire d’un doctorat en relations internationales et est professeure agrégée à l’Université de Portsmouth, au Royaume-Uni. Elle s'intéresse aux politiques et pratiques linguistiques des ONG de développement, à la responsabilisation des ONG et aux relations donateurs-ONG.

Angeline M. Barrett, Noah Mtana et Kalafunja M. O-Saki

Développer un enseignement  durable des sciences, technologie, ingénierie et mathématiques pour autonomiser les apprenants grâce à des tests LSTT (tests de compétence linguistique) : leçons tirées d’une approche bilingue de l’enseignement des sciences durant les premières années du secondaire en Tanzanie
L’enseignement des sciences, de la technologie, de l'ingénierie, et des mathématiques [STEM] est un élément clé de tout programme scolaire conçu pour transformer les apprenants, les enseignants et la population d'un état de marginalisation technologique à un état au progrès technologique durable. Partout où il existe, aujourd’hui, un développement technologique durable, vous pouvez remonter le temps et vous apercevoir qu'il y a eu un investissement précoce dans l’enseignement des STEM. Ce modèle, de par ses programmes d’études et ses enseignants, prévoit de former des apprenants curieux, créatifs, dotés d’un esprit critique et susceptible d'acquérir les connaissances et les valeurs d’une industrialisation durable, d'un progrès dans le secteur agricole et minier et dans d’autres secteurs une fois adulte. Dans cet exposé, nous partageons les leçons tirées d’un projet de quatre ans où, après une étude de base sur les apprenants de première année, nous avons découvert les lacunes de l’apprentissage mécanique, conçu et essayé du matériel LSTT pour les apprenants et les enseignants. Nous présenterons les résultats du progrès des apprenants dans un texte bilingue, conçu pour rapprocher les concepts familiaux et scolaires de la science du développement et réfléchir à l’implication dans la protection de l’environnement et du développement durable.

Le principal intérêt de la recherche d'Angeline est de savoir comment la pédagogie et le professionnalisme des enseignants dans l'éducation de base contribuent au développement durable et à la justice sociale.

Noah a acquis beaucoup d'expérience en tant qu'enseignant en langues en Tanzanie. Au cours des 12 dernières années, ses recherches se sont penchées sur l'utilisation de stratégies bilingues dans l'ensemble du programme.

Kalafunja a dirigé plusieurs projets d’innovation dans le domaine de l’éducation scientifique et a largement publié sur le développement de concepts dans les sciences fondamentales, les processus pédagogiques et l’interaction en classe, l’évaluation, et l’appréciation des projets et programmes, et l'éducation environnementale.

Ann Rossiter

Pratique du multilinguisme dans les classes au Sierra Leone
Cette présentation s’appuie sur les éléments d’une étude portant sur la façon dont les enseignants utilisent leur répertoire linguistique pour essayer d’améliorer l’apprentissage des élèves lorsque la langue d’enseignement officielle (l'anglais) n’est pas une langue familière pour leurs élèves, et souvent, pour eux-mêmes.
Les résultats issus de près de 60 salles de classe (échantillonnés à tous les niveaux du système) ont montré à tous les niveaux que les enseignants et les apprenants partageaient une langue commune qui est autre que l’anglais et que moins de 20% des enseignants utilisaient uniquement l'anglais dans la salle de classe. Bien qu’ils n’aient reçu aucune formation dans l’enseignement multilingue, leur choix linguistique était déterminant. L'apprentissage par compréhension et par démonstration en anglais demeure la cible, les langues locales étant utilisées de manière spécifique pour y parvenir.

Ann a travaillé comme professeur d’anglais, formatrice pour enseignants et conseillère linguistique dans un grand nombre de pays - de Tuvalu à la Chine en passant par Moscou - mais surtout en Afrique : de l’Égypte au Mozambique, du Kenya à la Sierra Leone. 

Anne Wiseman

Mélange et adaptation en salle de classe : approches novatrices pour maintenir et développer les compétences multilingues des enfants migrants afin de parvenir à la cohésion sociale
Cet exposé traite du rôle du multilinguisme dans l’intégration des réfugiés au sein de leurs nouvelles sociétés d’adoption et illustre comment, grâce à la sensibilisation au multilinguisme et à la diversité dans les écoles, des mesures peuvent être prises pour créer une cohésion sociale dans la classe et, par conséquent, dans l’ensemble de la société plus tard. En développant une approche plus multilingue dans leurs classes et avec leur objectif de réussir l'intégration entre les élèves actuels et les enfants réfugiés nouvellement arrivés, les enseignants ont donné aux réfugiés une confiance pour développer leurs compétences linguistiques, ce qui a renforcé leur résilience.

Anne a travaillé en tant que professeure, formatrice, et responsable de projet éducatif pendant plus de 20 ans au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie de l'Est, et en Amérique latine, et ce, en étroite collaboration avec les Ministères d'Éducation.

Augustin Ndione

L’Introduction du Wolof à l’école de Lelo : étude de cas
Le programme ELAN est introduit dans plusieurs écoles d’Afrique, et au Sénégal, entre autres à Thiès, où il y a quatre écoles pilotes. Sur le site de l’OIF on peut lire : « Dans l'espace francophone, l'amélioration de la qualité de l'éducation en contexte multilingue doit tenir compte de la langue maternelle de l'enfant, tout en l'ouvrant sur le monde avec la langue française. Je considère ELAN comme un choix éducatif que je crois déterminant pour l'avenir ». Ces propos montrent que ce programme semble apparaître comme un levier et un moyen d’action pour permettre à certaines populations d’accéder à une instruction qui sans doute devrait les mener à un développement.
Nous choisissons dans cette présentation de faire une étude sur un cas précis où l’introduction d’une langue nationale à été testée pendant les quatre dernières années afin de montrer non pas le point de vue d’une association ou d’une organisation internationale mais bien de montrer comment un village de paysans sérère vit l’introduction du wolof comme langue d’instruction et comment les enseignants que nous avons rencontrés perçoivent cet enseignement nouveau.

Augustin a fait sa thèse de doctorat à l’université de Tours en France. Il été intéressé par la construction du sens à travers la diversité et l’unité des langues. Il s’intéresse maintenant à la description des phénomènes linguistiques en noon (langue cangin).

Ayesha Shahid

Préparer la voie à la réforme de la politique linguistique au Pakistan
Cet exposé remet en question l’approche politique autour de l'emploi des langues dans l'éducation au Pakistan et présente les résultats d'une récente conférence tenue au Pakistan comme modèle pour combler le fossé entre la recherche et les politiques. En utilisant le cadre de John W. Kingdon pour la fenêtre des politiques d’ouverture, cet exposé fait valoir que le débat actuel autour du langage au Pakistan représente l’alignement de trois flux nécessaires pour faciliter le changement politique, c’est-à-dire l’identification du problème de l'emploi des langues dans l’éducation, la formulation de potentielles propositions politiques, et la volonté politique d’influencer la réforme des politiques.

Ayesha a été le coordinateur du projet pour la Conférence sur la langue et l’apprentissage, Lahore 2017, qui a exploré les questions de la recherche, des politiques, et des pratiques de l'emploi des langues dans l'éducation au Pakistan.

Binyam Sisay Mendisu

La contribution décisive des enseignants à l’efficacité de l’éducation multilingue basée sur la langue maternelle
Le droit à une éducation multilingue de qualité pour tous doit être garanti afin de promouvoir le développement durable. Les apprenants doivent également avoir accès à l'éducation dans leur langue maternelle, en particulier dans les premières années de leur scolarisation. Les langues locales, en particulier les langues minoritaires et autochtones, sont des moyens de transmettre les cultures, les valeurs et les savoirs traditionnels. Les enseignants sont donc cruciaux dans la mise en œuvre de l'éducation multilingue (EML), basée sur les premières langues des apprenants. En effet, le MLE est étroitement associé aux problèmes d'accès accru à une éducation de qualité, favorisant l'inclusion dans l'éducation, améliorant l'apprentissage, et les résultats d'apprentissage. Basée sur une source secondaire de données provenant de divers pays multilingues, l'étude identifie les rôles clés que les enseignants jouent pour la réussite d'un système éducatif multilingue et élabore les différentes mesures qui devraient être prises pour renforcer la capacité des enseignants à jouer efficacement. leur rôle indispensable. L'étude porte sur les interventions à la fois avant et pendant le service.

Binyam est titulaire d’un doctorat en linguistiques obtenu en 2008 à l’Université d’Oslo. Il justifie d’une expérience de 10 ans dans le domaine de l’enseignement à l’Université d’Addis Abeba. Il a publié plusieurs œuvres sur les questions des langues et de l’enseignement, dont un volume coédité en 2016 et intitulé « Multilingual Ethiopia : linguistic challenges and capacity building efforts » 

Carol Benson

Politiques et pratiques dans l’éducation multilingue L1 : ce qui fonctionne et ce qui nous ralentit
Cet exposé analyse les politiques et pratiques actuelles en matière d’éducation multilingue (MLE) basé sur les langues les plus fortes (L1) des apprenants qui jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de la qualité de l’éducation en facilitant l'apprentissage de langues et de contenus supplémentaires en général. Le MLE est particulièrement approprié dans les contextes africains, où la maîtrise de langues multiples est un aspect naturel et normal de la vie.
À l’aide d’études de cas de pays africains multilingues et au-delà, cette présentation décrit des politiques habilitantes et des stratégies de mise en œuvre qui abordent des défis tels que la dépendance excessive aux modèles de transition de départ précoce, le manque de structures appropriées pour la formation et le placement des enseignants, des aspirations incroyablement élevées pour la maîtrise des langues dominantes et des évaluations uniquement dans ces langues.

Carol était formatrice pédagogique du Peace Corps en Sierra Leone et enseignante bilingue (espagnol/anglais) en Californie avant de faire des recherches doctorales sur l’éducation créole-portugaise en Guinée-Bissau.

Suivez Carol sur Twitter @cbenson57

Caroline Juillard

Trajectoires et profils langagiers des maitres du primaire au Sénégal : leur impact sur l’enseignement bilingue
Les trajectoires d’enseignants du primaire (différant en termes d’acquisition sociale du répertoire, de type de formations, de lieux d’exercice de la profession, de mobilités, etc..) peuvent être mises en relation avec leurs pratiques d’enseignement. Elles représentent le contexte mal connu de la pratique du bilinguisme en classe qu’il convient de mettre en évidence.
Une recherche amorcée en 2002 dans le cadre de l’enseignement non formel dakarois va se poursuivre dans des environnements variés (urbains, péri-urbains, ruraux), dans la région de Ziguinchor, dont le contexte sociolinguistique est déjà bien connu.
Nous faisons l’hypothèse, soutenue par de nombreuses observations in situ, que la plupart des enseignants ont tendance à privilégier les mêmes formats interactionnels pour enseigner, quelles que soient les langues utilisées, dans la mesure où ils reproduisent des manières d’enseigner dont ils sont familiers - ils seraient donc les vecteurs d’une culture de la transmission scolaire, à mettre en relation avec leur propre scolarité, leur formation, leur fréquentation du milieu enseignant, leur pratique professionnelle, la construction sociale de leurs représentations et idéologies, entre autres.

Caroline enseigne la linguistique et la socio-linguistique à l’université Paris Descartes-Sorbonne depuis 1969. Son domaine de recherche en France et au Sénégal inclut la description des variables socio-linguistiques et les contacts des langues dans des contextes urbains et éducatifs en particulier.

Chinyere Mbaka

Le défi linguistique de l'information et de l'éducation sur le diabète dans le contexte multilingue du Nigéria
Aujourd’hui, le diabète constitue un défi majeur pour la santé dans le monde avec des pays en voie de développement touchés quotidiennement. Cependant, il existe une absence d’études qui pourrait évaluer l’efficacité de l’information et de l’éducation sur le diabète dans les centres diabétiques nigérians tout en prenant en considération la réalité multilingue de ce pays. L’étude se penche sur les défis linguistiques auxquels sont confrontés les diabétiques et les éducateurs en diabète. Les résultats révèlent que la plupart des éducateurs en diabète utilisent l’anglais pour communiquer avec leurs patients, ce qui entraîne une faible connaissance du diabète et de nombreuses idées fausses chez les membres du groupe d'étude. Il est recommandé que les éducateurs en diabète utilisent des brochures et des matériaux préparés dans les langues autochtones des personnes pour l'inclusion et une bonne compréhension de leurs patients.   

Chinyere est étudiante en communication du développement et en études des médias. Elle est doctorante et cet extrait est tiré de sa thèse de doctorat.

Suivez Chinyere sur Twitter @chymbaka

Chris Sowton

Le rôle que l'apprentissage des langues peut jouer pour aider à réaliser les ODD dans les camps de réfugiés
Dans les camps de réfugiés, où se trouvent des millions de personnes parmi les plus démunies et les plus vulnérables du monde, il existe un manque de cohésion sur ce qui constitue la meilleure pratique d'apprentissage des langues. La nature fracturée et transitoire des camps combinée à un champ pauvre en données signifie qu’il n’y a pas de réponses claires aux questions clés, notamment sur le but de l’apprentissage des langues dans l’environnement d’un camp de réfugiés ; la (les) langue (s) cible (s) et les programmes scolaires; la langue d’enseignement ; ce qui constitue un « enseignant » ; comment offrir une assistance ; et le meilleur mécanisme de livraison. Cet présentation proposera des réflexions sur ces questions.

Chris est consultant indépendant en éducation internationale et doctorant en éducation à Bath University (Royaume-Uni). Son thème central est les camps de réfugiés, en particulier le rôle de la langue dans la création de capitaux et le développement de la résilience.

Suivez Chris sur Twitter @UniversityShed

Claire Ross et Isabelle Grappe

Les projets Language for Resilience au Liban
En 2016, le Ministère Libanais de l’Éducation a sollicité le British Council dans le cadre d'un programme de formation visant à aider les enseignants à impliquer les parents d’enfants réfugiés syriens d’âge préscolaire afin de mieux les intégrer dans l'éducation formelle libanaise. En Syrie, les enfants de la maternelle n’apprennent pas les langues étrangères. Par ailleurs, les enseignants libanais reçoivent une formation minimale dans l'enseignement de l’anglais/français comme langue étrangère.
Des entrevues et des observations ont révélé que beaucoup d’enfants ne voulaient pas parler en classe de peur de la moquerie. Les enseignants avaient des préjugés envers les langues et les cultures inconnues des apprenants et de leurs parents, et la communication enseignant-parent était mauvaise.
La recherche-action a orienté la création d’un module de formation enseignant/parent pour donner la légitimité aux langues et aux cultures locales des apprenants en classe (approches plurielles : CARAP, 2007), afin de prévenir les abandons et d’augmenter la motivation à apprendre des langues étrangères. Des exemples d’activités qui remettent en question les stéréotypes, développent la sécurité linguistique chez les enfants et les parents, et relient la salle de classe et la maison pour assurer la durabilité seront présentés.

Claire recherche et développe une formation en présentiel et en ligne pour les professeurs d'anglais. Elle dirige actuellement l'évaluation d'un projet de rétention scolaire pour les enfants vulnérables au Liban. Elle s'intéresse aux approches plurielles, au plurilinguisme et à l'inclusion.

Suivez Claire sur Twitter @Clairerosselt

Isabelle a passé 13 ans à former des enseignants d'anglais/français du secteur public libanais à l’intégration des apprenants réfugiés en valorisant leurs langues/cultures locales afin de les motiver à apprendre une langue étrangère. Elle a récemment rejoint Expertise France pour travailler sur un projet de réforme de l'éducation au Soudan, menant à la formation préparatoire des enseignants.

Corinne Leukes

Sphères anecdotiques : Asseyons-nous, parlons, écoutons, et ce faisant, comprenons qui nous sommes.
Le projet LASER financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le British Council, vise à fournir des compétences linguistiques en anglais aux réfugiés syriens ainsi qu’aux Jordaniens défavorisés. Les enseignants du LASER abordent un certain nombre de questions en classe, y compris les questions de cohésion sociale entre les apprenants et la nécessité d’enquêter de manière sensible sur l’expérience, les attentes et les motivations en dehors des questionnaires traditionnels et des analyses des besoins.
L’utilisation de sphères anecdotiques confirme la nécessité de recueillir ces renseignements tout en tenant compte de la difficulté de les acquérir par des moyens directs plus traditionnels.

Corinne a été experte EFL pendant 17 ans et a eu à travailler dans 8 pays dont la Jordanie, la Syrie, le Rwanda et le Burundi. Au cours des 5 dernières années, une grande partie de son travail a été consacrée aux personnes ayant interrompu leurs études.